« Psy enfant », qui est-il ? Petit lexique.

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Qui est-il ce « psy enfant » qu’on vous conseille de consulter ? Est-il pédopsychiatre ? Psychologue ? Psychothérapeute ? Tous les « psys enfants » proposent-ils le même type de consultation ? Comment s’y retrouver dans toutes ces différences dans le monde du soin de l’Enfance ? 

Nous vous proposons d’emporter ce petit lexique avec vous et de le glisser dans votre poche la prochaine fois que vous entendrez parler de « psy enfant ». Retenez déjà que beaucoup de professionnels « psy enfant » ont pour la plupart reçu une formation de base à laquelle ils ont généralement ajouté une ou plusieurs formations complémentaires pour devenir psychothérapeute ou se spécialiser dans un champ de compétence.


Quelles sont les formations de base du « Psy enfant » ?

PédoPSYchiatre 

Etudes ? Le pédopsychiatre est médecin, détenteur du titre professionnel de Docteur en médecine (diplôme universitaire) et porteur d’un Master spécialisé en pédopsychiatrie (6 ans d’études + 4 ans de spécialisation) reconnu par l’INAMI. 

Que fait-il ? De part son statut médical, le pédopsychiatre détient généralement une vision globale du patient et peut à la fois proposer des consultations individuelles, familiales,  de coordination ou de groupe. Ses interventions peuvent se faire sur du court terme comme sur du long terme, en fonction de ses formations et de la demande. Il arrive très souvent que le pédopsychiatre ait le rôle de coordinateur de tous les soins de l’enfant en centralisant et assurant la bon suivi de ceux-ci. Le pédopsychiatre a également la possibilité de prescrire des médicaments et détient une responsabilité médicale. 

Remboursement ? Le pédopsychiatre peut faire le choix d’être conventionné (INAMI) ou non afin que ses patients bénéficient de tarifs réduits pour les consultations. 

PSYchologue enfant/ado 

Etudes ? Le psychologue a fait 5 années d’études universitaires en faculté de psychologie (bientôt 6 années) et détient en Master en psychologie clinique et psychopathologie. Il a orienté ses cours de Master en clinique enfant. Au terme de ses études, le psychologue enfant doit être porteur d’un visa certifiant son diplôme et d’un agrément l’autorisant à exercer en tant que psychologue clinicien. 

Que fait-il ?  Le psychologue enfant est formé à la prévention, à la pose de diagnostic et à l’indication thérapeutique chez l’enfant. Le psychologue enfant a reçu une formation théorique solide lui permettant d’analyser une situation clinique,  recevoir une demande et recourir à différents outils pour formuler des hypothèses cliniques de travail. Il n’est pas formé au traitement et à la psychothérapie. Sa formation générale lui permet d’intervenir dans différents domaine comme le champ scolaire,  familial, du handicap, etc. et de collaborer avec les divers partenaires institutionnels. 

Remboursement ? Le psychologue enfant est inscrit à la Commission des Psychologues (COMPSY) et paie une cotisation annuelle s’il souhaite que ses patients puissent bénéficier d’une intervention de la mutuelle pour un nombre limité de séances par année civile. Depuis la crise sanitaire du Covid, les psychologues enfants peuvent faire le choix de signer une convention INAMI afin d’être conventionnés (INAMI) et de permettre à certains de leurs patients d’être remboursés en réduisant considérablement le cout du prix des séances chez le psychologue pour 10 séances maximums sur une période de 12 mois. Cette nouvelle convention pose cela dit, encore aujourd’hui beaucoup questions, et ce, notamment sur plan du secret professionnel. 

NeuroPSYchologue enfant

Etudes ? Le neuropsychologue enfant a fait 5 années d’études universitaires (bientôt 6) en faculté de psychologie et est porteur d’un Master en neuropsychologie. Il oriente ses choix de cours de Master en clinique enfant. Au terme de ses études, le neuropsychologue enfant doit être porteur d’un visa certifiant son diplôme et d’un agrément l’autorisant à exercer en tant que psychologue clinicien. 

Que fait-il ? Le neuropsychologue enfant a reçu une formation théorique et pratique dans la prévention, l’évaluation diagnostique et la prise en charge des troubles du fonctionnement cognitif (mémoire, attention, langage,  cognition numérique, gnosies, praxies, etc.) résultant d’atteintes cérébrales ou de troubles du développement et des apprentissages chez l’enfant.

Remboursement ? Le neuropsychologue enfant est inscrit à la Commission des Psychologues (COMPSY) et paie une cotisation annuelle s’il souhaite que ses patients puissent bénéficier d’une intervention de la mutuelle pour un nombre limité de séances par année civile. Depuis la crise sanitaire du Covid, les neuropsychologues enfants peuvent faire le choix de signer une convention INAMI afin d’être conventionnés (INAMI) et de permettre à certains de leurs patients d’être remboursés en réduisant considérablement le cout du prix des séances chez le psychologue pour 10 séances maximums sur une période de 12 mois. 

Assistant PSYchologue enfant

Etudes ? L’assistant en psychologie est détenteur d’un bachelier de 3 ans d’études en Haute Ecole où il apprend a une formation de terrain pour devenir apte à rencontrer professionnellement les problèmes individuels, relationnels et organisationnels vécus par une personne ou les groupes. 

Que fait-il ? Il assure service et soutien à autrui et contribue à favoriser le développement personnel, à faciliter les processus d’intégration, d’autonomie et d’apprentissage et à améliorer la gestion des conflits et des relations. Les assistant en psychologie enfant travaillent par exemple en CPMS (centre psycho-médico-sociaux), en orientation scolaire et professionnelle, en centre de guidance, en maisons de jeunes, au sein de l’aide à la jeunesse (SAJ) ou encore en équipe pluridisciplinaire pédopsychiatrique ou institutionnelle.

Remboursement ?  Aucun remboursement n’est possible à l’heure actuelle.

PSYchomotricien enfant

Etudes ? Plusieurs formation existent pour accéder à ce métier. 

  • Le psychomotricien enfant est soit détenteur d’un bachelier de 3 ans d’étude en psychomotricité Haute Ecole.
  • Le psychomotricien enfant peut suivre 3 ans à 3 ans et demi de cours en promotion sociale avec des cours 2 à 3 fois par semaine. 
  • Pour certains professionnels, il est possible de se spécialiser en psychomotricité en un an dans une Haute Ecole. La spécialisation est accessible aux personnes disposant d’un diplôme d’agrégé en éducation physique, en ergothérapie,  en kinésithérapie, en psychologie, en soins infirmiers ou encore en logopédie.  
  • NB : Il est aussi possible de se former à la thérapie psychomotrice (voir formation complémentaire). 

Que fait-il ? Le psychomotricien enfant est majoritairement formé à de la psychomotricité fonctionnelle. Au cours des séances, il permet à l’enfant d’utiliser son corps et les médias psychomoteurs (jeux, rythme, etc.) pour comprendre, améliorer, stimuler ou compenser une fonction altérée ou mal intégrée.  Le psychomotricien d’enfants peut à la fois proposer des séances collectives d’éducation psychomotrice pour les enfants ainsi que des séances individuelles et de thérapie psychomotrice. 

Remboursement ? Une intervention de la mutuelle est possible si les séances ont été prescrites par un médecin et que le professionnel est inscrit et reconnu par l’Union Professionnelle Belge des Psychomotriciens Francophones (UPBPF). !! A noter qu’en 2016 le ministère de la santé belge a refusé que les psychomotricien soient reconnus en tant que professionnels paramédicaux. Cette décision a été confirmée par la Cour constitutionnelle en octobre 2019. 


Quelles sont les formations complémentaires du « Psy enfant » ?

PSYchanalyste enfant

Quoi ? La psychanalyse est une méthode d’investigation psychique ayant pour objet l’inconscient. Le psychanalyste épaule l’analysant dans l’exploration de ses processus psychiques inconscients. Des émotions, des mots, des signifiants, des pulsions, entre autres, vivent dans notre inconscient et nous influencent. Ils peuvent être sources de répétition, de mal-être,  de souffrance. Le procédé essentiel que l’analyste utilise dans l’investigation des processus psychiques inconscient est l’association libre. Chez l’enfant,  cela passe par l’observation de son jeu libre et dans ce qu’il met en scène dans la relation transférentielle avec l’analyste. Ce que l’enfant va dire, montrer, produire peut être signifiant et mettre en scène certains aspects de ses préoccupations et de ses conflits psychiques. Le psychanalyste va les accueillir comme ayant un sens qu’il va renvoyer à l’enfant sous forme de mots ou d’associations qu’il amènera lui-même. Dans le jeu en donnant la réplique à l’enfant. Il va interpréter ce que l’enfant lui montre en tentant de faire des liens. Qui pourront aider l’enfant a comprendre ce qui se passe en lui. Il existe plusieurs courants en psychanalyse (ex :  courants freudien, lacanien,  jungien). Le psychanalyste peut en choisir un ou s’inspirer de plusieurs.

Formation ? Le cursus psychanalytique s’adresse à des personnes ayant un diplôme universitaire, une pratique clinique en psychopathologie, une formation théorique et une expérience psychanalytique personnelle.  La formation du psychanalyste repose sur une psychanalyse auprès d’un membre d’une société reconnue de psychanalyse (ex : SBP/BVP) à raison de 3 séances minimum par semaine sur le divan. NB : le titre de psychanalyste n’est pas protégé par la loi (n’importe qui peut décider de porter ce titre. Vérifier toujours quelle est sa formation de base).  

PSYchothérapeute Infanto-juvénile 

Quoi ? La clinique psychothérapeutique infanto-juvénile est envisagée dans une perspective d’articulation des modèles psychothérapeutiques analytiques et systémiques en intégrant les dimensions développementales et cognitives ainsi que les aspects institutionnels, socio-culturels et groupaux.  Elle se situe dans un continuum entre les premières consultations thérapeutiques et la mise en place de psychothérapies individuelles et/ou familiales. Un accent particulier est mis sur l’implication personnelle du clinicien, à la fois dans la compréhension des problématiques rencontrées et dans leur prise en charge.  

Formation ? Cette formation continue s’étend sur une durée de 3 ans et s’adresse a des candidats ayant un master (diplôme universitaire) en sciences psychologiques ou un master en médecine avec un master de spécialisation en psychiatrie.

PSYchothérapeute spécialisé en périnatalité (relation parent-bébé)

Quoi ? La vie psychique du bébé naît dans le creuset des interactions avec ses parents et se développe en résonnance avec leur fonctionnement mental, leur histoire familiale et leur histoire de couple. Les relations précoces du nourrisson avec ses parents sont déterminantes pour le développement de son fonctionnement psychique, de ses capacités cognitives, psychomotrices,  instrumentales et de son équilibre psychosomatique. L’accès à la parentalité entraîne des bouleversements qui ouvrent sur une période de remaniements internes et relationnels. La mobilisation psychique particulière à ce moment de la vie et la dépendance totale du nourrisson à ses parents rendent l’approche psychothérapeutique spécifique.

Formation ? 2 années de formation s’adressant aux pédopsychiatres, psychologues et autres professionnels ayant une expérience clinique dans le cadre de la périnatalité et des relation parents-bébé. La formation se réfère aux théories psychanalytiques et familiales.

PSYchothérapeute Systémicien 

Quoi ? La psychothérapie systémique propose une compréhension des situations problématiques des individus, des couples et des familles, par l’analyse des contextes dans lesquels les difficultés surgissent. Elle considère que l’individu fait partie d’un système, voire de plusieurs systèmes et qu’il est influencé dans sa façon d’être, aussi bien par lui-même que par les autres et son environnement. Cette lecture spécifique du fonctionnement des systèmes humains permet également une meilleure compréhension des enjeux institutionnels et organisationnels et favorise le travail en réseau interdisciplinaire. Le systémicien ne pense pas en termes de « qui fait quoi, à qui? » mais en termes de « que faisons-nous ensemble? »

Formation ? Elle dure entre 3 et 4 ans (en fonction des lieux de formation) et est a destination des professionnels en santé mentale, médicaux, sociaux et judiciaires. Les candidats peuvent souvent choisir et/ou approfondir soit la thérapie systémique à proprement parler soit l’approche systémique institutionnelle et le travail en réseau au sein des équipes.

PSYchothérapeute Cognitivo-comportemental

Quoi ? Les thérapies cognitive-comportementales sont des thérapies dites « actives », ce qui veut dire que le psychologue échange en permanence avec l’enfant, le renseigne, lui propose des techniques et astuces dans le respect de son rythme. L’objectif est que le sujet connaisse ses réflexions (cognitions) et ses comportements en face d’une situation précise qui lui pose problème et qu’il agisse selon un schéma donné.

Formation ? Elle dure 3 ans et est à destination des praticiens en santé mentale.

PSYchothérapeute du développement 

Quoi ? La thérapie du développement est un type spécifique de psychothérapie individuelle pour l’enfant qui n’est pas bien construit, peu structuré au niveau de son développement global, de son psychisme ou dans son corps. C’est une thérapie dite à « média » qui utilise notamment le média corporel. La thérapie du développement part du postulat que le corps et le psychisme sont étroitement liés dans le développement de l’enfant. Le corps étant le premier outil d’interaction au monde et à la relation, le thérapeute du développement traduit et accompagne l’enfant par le biais d’expériences corporelles, psychiques, affectives et créatives. Il va proposer, dans la relation thérapeutique avec son petit patient, différents supports permettant à l’enfant de lier ses perceptions, sa motricité, ses émotions et ses sentiments pour pouvoir l’amener vers plus de mentalisation et l’aider à développer sa pensée. Le thérapeute est ainsi attentif à l’enfant dans toute sa globalité. Le travail thérapeutique à l’aide de médias s’effectue à partir de la mise en jeu du registre sensori-moteur, c’est-à-dire à partir de l’implication du corps et de la sensorialité. L’exploitation des médiations créatives à des fins thérapeutiques engage donc dans la voie d’expériences sensori-affectivo-motrices et sert de support à la reviviscence de vécus corporels, qui n’ont pas été symbolisés. Les enjeux du recours aux médias se situent donc du côté d’une possible inscription des expériences primitives, non inscrites dans l’appareil de langage; elles peuvent s’inscrire selon des modalités autres que langagières, tels que le langage du corps, le langage de l’affect, etc. 

Formation ? 4 années de formation réservée aux professionnels de la santé mentale dans le secteur de l’enfance (pédopsychiatre, psychologue, logopède, etc.). 

PSYchothérapeute par le Jeu et la Créativité (TJC)

Quoi ? La TJC a été fondée par Verity Gavin. Son approche intègre des perspectives existentielles, winnicottiennes et d’anthropologie sociale dans une manière de penser et de pratiquer la psychothérapie pour tous âges. Ce type de thérapie est destiné à tous. Dans un cadre contenant, respectueux et sécurisant, l’enfant, l’adolescent (ou l’adulte) s’ouvre progressivement à sa créativité et à son courage d’être pour aborder, confronter et dépasser créativement ses difficultés de vivre. C’est une approche fondée sur la rencontre, dans un grand respect du potentiel créatif inné de la personne et de celui du thérapeute. La thérapie par le jeu et la créativité accorde une valeur centrale à la relation créative dans le travail thérapeutique. Le jeu est le centre du développement de l’être humaine et la base de la créativité relationnelle tout au long de la vie. La créativité permet ainsi d’entrer en contact avec la vitalité d’être, l’ouverture relationnelle, et le courage de s’exprimer, de faire face aux difficultés, aux conflits et d’en faire sens. Dans le cabinet-atelier, le patient aura ainsi le choix de médiums d’expression, de modes d’exploration, et de manières d’expérimenter. 

Formation ? 2 années de formation réservée aux professionnels de la santé mentale (pédopsychiatre,  psychologue, etc.). 

PSYchomotricien relationnel – Thérapeute psychomoteur (Aucouturier)

Quoi ? La thérapie psychomotrice Aucouturier s’inscrit dans le courant des thérapies humanistes. Elle partage avec la thérapie d’orientation analytique l’adhésion aux concepts d’inconscient et de réactualisation de l’histoire précoce dans la relation au thérapeute. Il s’agit d’une pratique psychomotrice relationnelle en opposition à la psychomotricité fonctionnelle. Elle s’adresse aux enfants présentant un trouble d’intégration psychomotrice affectant leur maturation corporelle, psychoaffective et/ou cognitive, et pour lequel un travail par le biais de l’expressivité motrice s’avère indiqué. Elle favorise la reprise du développement global et ouvre à une expression plus symbolisée du vécu.

Formation ? La formation en thérapie psychomotrice s’effectue en 3 ans en école privée : École Belge Pratique Psychomotrice Aucouturier. Pour accéder à ce cursus, il faut disposer d’un diplôme reconnu dans le domaine éducatif, psychologique ou paramédical et faire preuve d’une expérience professionnelle suffisante avec les enfants. 

PSYchothérapeute EMDR enfant

Quoi ? l’EMDR (Eye Movement Desensitization Reprocessing) est une psychothérapie inspirée des travaux en neurosciences. L’utilisation des mouvements oculaires, des stimulations auditives ou tactiles permet grâce à l’activité de processus neurophysiologiques de déclencher des mécanismes permettant à des patients qui manifestent des troubles psychotraumatiques ou réactionnels (anxiétés, dépressions) d’envisager une véritable guérison. L’intérêt de l’EMDR se situe notamment dans sa capacité à s’articuler avec les autres approches psychothérapeutiques. Elle trouve son origine dans le champ de la psychodynamique, de la systémique et des thérapies cognitives et comportementales. La pratique EMDR est généralement utilisée comme un média/outil en psychothérapie. 

Formation ? La formation en EMDR dure entre une et deux années et est réservée aux professionnels de la santé mentale.


Ce petit lexique ne se veut certainement pas exhaustif et complet ! Il existe encore un tas d’autres thérapies dans le secteur de l’Enfance et des formations complémentaires et formations continues comme l’art-thérapie, la thérapie par le jeu de sable, l’hypothérapie, la sophrologie, la méthode Barkley, les groupes d’habiletés sociales, la psychoéducation, le psychodrame, le yoga, etc.

Nous espérons toutefois qu’en ayant parcouru ce lexique, vous aurez maintenant le réflexe de vérifier la formation de base du thérapeute que vous consulterez pour votre enfant (mais c’est valable pour les adultes également). Sentez-vous toujours en droit de demander au « psy enfant » que vous rencontrez un éclaircissement sur sa pratique et surtout sur ce qu’il propose comme psychothérapie pour votre enfant, votre adolescent et/ou votre famille. Soyez également attentif à vous assurer que l’indication de psychothérapie posée soit adéquate et corresponde aux besoins de votre enfant, adolescent ou famille. Le psy enfant rencontré devra toujours prendre un temps pour y réfléchir avec vous avant de s’engager dans des rencontres sur du moyen/long terme.

Zoé Campus
Zoé Campus

Psychologue clinicienne ~ Thérapeute du développement ~ Thérapeute par le Jeu et la Créativité

La place du virtuel

person holding black android smartphone

De nos jours, le virtuel prend une place de plus en plus prépondérante dans nos vies, décliné sous différentes facettes (télévision, jeux vidéo, réseaux sociaux, visioconférence, …). Que ce soit chez les petits ou les plus grands, ce monde virtuel fait désormais partie intégrante du quotidien. Il vient aussi parfois rappeler les différences de générations dans la manière de l’appréhender… On peut entendre parler notamment des vétérans, des « babyboomers », de générations X, Y ou Z.

Souvent diabolisé mais pourtant toujours recherché, que vient-il activer chez chacun de nous, et qu’en est-il au niveau du vécu émotionnel ? De plus, la crise sanitaire actuelle vient peut-être encore davantage nous plonger dans cet univers virtuel, tant les contacts directs se veulent limités. Qu’est-ce que cela a comme impact ?

La notion du virtuel est tellement large que notre article ne viendra qu’effleurer la thématique et les observations qui en découlent. 

Tel un peintre muni de sa palette de couleurs, les thérapeutes du 213 disposent d’une large variété d’outils et de sensibilités dans les prises en charge qu’ils proposent. Donner une place au virtuel peut venir élargir ce champ des possibles.


Virtuel et adolescence

L’adolescence est une période du cycle de vie qui vient remuer énormément et qui amène beaucoup de changements, notamment en terme identitaire (crise identitaire). Un adolescent a souvent besoin de se créer son propre monde pour s’éloigner de celui de ses parents ou de ses proches et pour ainsi, doucement se construire et s’autonomiser tout en se sentant suffisamment affilié à des groupes de pairs (groupes d’appartenance). On entend régulièrement que les ados sont « accros » aux écrans. Mais qu’en est-il de leur rapport à ces écrans ? Que leur apportent-ils ? Quelles sont les limites à définir ? Autant de questions qui taraudent souvent les parents et autres figures d’autorité.

Les réseaux sociaux ?

Le virtuel peut être vu comme une aire de construction / destruction : en effet, à travers ce que l’adolescent poste sur les différents réseaux sociaux, on observe généralement une construction du soi et des représentations sur l’autre et sur nous-même, tant il y a une forte présence du regard de l’autre (selfie avec l’image du corps, comment on peut « se raconter », photos postées et laissant apparaître une partie de leurs vies et de leurs relations, …). Cette construction subjective vient alors alimenter et permettre d’asseoir une des parts de soi, une des composantes de leur identité.  A l’inverse, cette aire peut parfois se décliner sur le versant destructeur (harcèlement virtuel, manipulation, distorsion des images du corps, « revenge porn », …). La nécessité d’une certaine bienveillance de la communauté est présente. L’adolescent est invité à pouvoir se frayer son propre chemin et éviter les obstacles en balisant et sécurisant son utilisation des réseaux sociaux. Ce chemin doit parfois se créer avec l’appui préalable de figures adultes responsables et contenantes.

Les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Snapchat,… sont aussi des espaces d’intimité car le regard des adultes est moins présent tant les espaces et les frontières virtuels se dessinent via la gestion personnelle des paramètres de leurs différents comptes et profils. Cette mise à distance du regard de l’adulte, et des parents plus particulièrement, participe alors au processus de séparation et d’individuation, voire d’autonomisation, qui caractérise les mouvements adolescentaires. De plus, ces espaces d’intimité virtuels viennent aussi apprendre aux ados à mettre leurs limites (contenu, gestion des paramètres de sécurité, protection des données personnelles, …) et à protéger cette bulle d’intimité, parfois si précieuse, mais nécessitant des bases solides et un sentiment de sécurité. La distinction entre public et espace d’intimité s’acquiert durant l’enfance. C’est pourquoi il est parfois porteur de venir discuter avec l’adolescent du concept de droit à l’image et du droit à l’intimité.

Les réseaux sociaux invitent également à une nouvelle modalité d’être en relation. L’écran connecté est alors parfois vécu comme un prolongement de soi ou de la relation à l’autre. On parle de la création d’un lieu de socialisation. L’ado peut continuer à parler avec ses amis tout en étant à la maison, peut encore créer et entretenir des liens avec des personnes ou de la famille qu’il voit irrégulièrement, mais peut aussi parfois expérimenter la relation à l’autre dans un jeu de séduction. Cet espace de sociabilisation est une richesse mais ne doit en rien remplacer complètement les rencontres et relations en dehors de l’écran ! La question de l’équilibre et de la juste balance reste alors à trouver et parfois, à co-construire. Il est primordial que l’ado puisse continuer à éprouver et à tester ses relations en dehors de l’écran.

L’apport d’un sentiment d’appartenance à un groupe social. Cette dimension est clairement nourrie par les réseaux sociaux tant la question des groupes et des communautés est présente. Un jeune peut à la fois se sentir appartenir à des groupes virtuels mais aussi, de par son utilisation des réseaux sociaux, se sentir lié à un groupe de pairs dans le réel, en pouvant notamment discuter avec un ami du dernier tweet ou snap d’un autre camarade de classe. Ce besoin d’appartenance est d’autant plus important à l’adolescence car ce dernier connaît souvent un moment d’instabilité au niveau identitaire mais aussi un besoin de se construire à travers l’autre et au travers de ses pairs.

La dimension créative joue également un rôle important. De par les diverses utilisations possibles du virtuel et des réseaux sociaux, le jeune peut développer un potentiel créatif et ainsi asseoir une part de son identité en construction. De plus, certains ados en profitent pour se raconter et mettre en récit leurs vies, leurs vécus et leurs émotions.

Les jeux vidéos ?

Les jeux vidéo sont nombreux, variés et parfois très différents dans les mouvements qu’ils mettent en scène. Néanmoins, la plupart permettent de donner une position active au jeune ; il redevient acteur.  Le joueur possède une intentionnalité (adresse quelque chose à l’autre, même si cet autre est virtuel), ce qui permet à l’ado d’être dans un mouvement de vie.

Les jeux vidéo donnent aussi accès à une certaine élaboration psychique de ce qu’on y fait, ce qu’on y vit, quelle place on y occupe. Si, dans un jeu vidéo de style stratégie ou aventure, un jeune prend souvent la place ou le rôle d’une personne créant des bâtiments plutôt que le rôle d’un guerrier, cela vient peut-être dire quelque chose de ses représentations et croyances ; ceci peut être en lien avec les croyances et les valeurs familiales.

Les jeux vidéo de réseau permettent aussi de créer du lien ou de consolider des rencontres via un partage d’expériences, via l’intégration à une communauté de joueurs, … En outre, les jeux en réseau développent l’aptitude à travailler en équipe et la curiosité vis-à-vis des autres, en matière de compétence et de savoir. Des valeurs comme l’altruisme ou la réciprocité sociale sont alors mises au travail. Concernant ces valeurs morales, plusieurs études ont montré que les jeux qui valorisent l’entraide et la coopération ont l’effet, dans certaines conditions, d’augmenter ces comportements dans la réalité. Certains jeux vidéo comme le role playing peuvent même influencer des capacités à réparer.

L’espace virtuel peut aussi être un espace de décharge pulsionnelle ; ceci implique de rester attentif à la fonction que l’on recherche dans les jeux vidéo.

Les jeux vidéo d’action ont un effet positif sur les capacités attentionnelles, sur le contrôle attentionnel et sur la flexibilité cognitive. Des effets positifs sur la cognition spatiale (capacité à réaliser mentalement des rotations d’objet) se dessinent également. Notons aussi que ces acquisitions peuvent se transférer à d’autres domaines de vie (Altrarelli & Bavelier, 2018).

Enfin, concernant les usages problématiques des jeux vidéo, on se rend compte qu’ils sont souvent révélateur de problématiques sous-jacentes plutôt que d’une réelle problématique de dépendance : dépression, déficit de l’estime de soi, anxiété sociale mais aussi violence scolaire, divorce, deuil, … Le jeu peut alors devenir une activité refuge pour mettre à distance la souffrance du monde extérieur.

Le virtuel et les familles

On peut s’interroger sur comment le virtuel vient-il se décliner au niveau des relations familiales entre parents et enfants, au sein de la fratrie ou de manière plus large au niveau des liens familiaux ? Comment peut-il être discuté et appréhendé sans sentiment d’intrusion ou sentiment d’hyper-contrôle ? Autant de questions auxquelles une multitude de réponses sont possibles en fonction de chaque jeune et de chaque famille.

Néanmoins, quelques balises permettent parfois d’éviter certains écueils du virtuel et des écrans comme : renforcer la pensée critique des enfants et adolescents, les inviter à toujours croiser leurs sources et à aller consulter des sites variés, en débattre avec eux, confronter les points de vue et les utilisations en fonction des réalités de chacun, … En fonction de l’âge de l’enfant ou de l’adolescent, il semble intéressant de pouvoir l’aider à s’outiller de plus en plus pour pouvoir faire face aux différents contenus qu’il perçoit sur les écrans. Disposer de repères peut aider parents et professionnels à adapter et réguler la consommation des écrans selon l’âge du jeune.

Le virtuel dans l’espace thérapeutique

Le virtuel peut tout à fait prendre une place dans l’espace thérapeutique tant il permet de venir rencontrer l’autre, et l’adolescent peut-être plus particulièrement.  Le virtuel semble venir dire quelque chose de notre réalité psychique. Parler du jeu, de son contexte, ou encore pouvoir débriefer de ce qui a été vécu tant au niveau émotionnel (mettre en sens le vécu émotionnel) que symbolique. Tout ceci en restant attentif à bien pouvoir faire coexister la réalité virtuelle et la réalité du monde réel.

Au 213 Centre thérapeutique enfant, adolescent, famille, nous sommes sensibles au concept de créativité qui s’invite dans les différentes prises en charge. Cette créativité peut être amenée par le virtuel, par la place qu’on lui fait ou qu’on lui donne et enfin, par la manière dont on peut l’utiliser pour apprendre à mieux connaître l’autre, l’adolescent, l’enfant ou encore sa famille.


Mélissa Lambion
Mélissa Lambion

Psychologue clinicienne et psychothérapeute d’orientation systémique et familiale

La gestion des tempêtes émotionnelles, tout un apprentissage

crop anonymous kid playing with toy on stones of shore

Quel que soit l’âge les émotions nous habitent, nous traversent, nous bouleversent. La plupart du temps elles sont légères voir douces et passent presque inaperçues telle une toile de fond. A d’autres moments leur intensité peut avoir l’effet d’une tempête émotionnelle qui nous submerge à l’image d’un raz-de-marée. 


Chez les enfants le développement cérébral est en pleine effervescence. De la même manière chaque émotion peut avoir l’effet d’un bouillonnement tumultueux. En effet les enfants n’ont pas encore la possibilité de gérer leurs émotions de manière « adaptée », conséquence de l’immaturité cérébrale.

De nos émotions à nos besoins

Les émotions ressenties, qu’elles soient agréables ou désagréables, nous donnent des informations très précieuses sur nos besoins et sur la manière de réagir. Si on prend le temps de les accueillir et de les écouter elles peuvent nous servir de guide pour satisfaire nos besoins essentiels. 

Les tous petits éprouvent toutes sortes d’émotions d’intensité variable sans avoir la capacité de les gérer et de les ajuster à la situation. La manière dont elles sont exprimées peut parfois paraitre démesurée voir extrême. Les parents, le plus souvent, se sentent perdus voir complètement désarmés face à la puissance de la détresse de leur enfant. Certains ont l’impression d’être face à une bombe d’émotions qui vient d’exploser et que rien ne pourrait apaiser. Les enfants ont besoin dans un premier temps d’être aidés pour diminuer l’intensité de la vague émotionnelle qui les traverse et dans un second temps d’identifier sa couleur.

L’enfant n’a pas la capacité innée d’appréhender ses émotions. Pour arriver à une bonne gestion de celles-ci il a besoin du regard bienveillant et du soutien des grandes personnes qui l’entourent. 

Un accompagnement en trois temps

Le temps de l’accueil et de l’écoute I Le temps de l’accueil et de l’écoute des émotions sans jugement est essentiel et ce, dès les premiers instants de la vie. Pour y parvenir le parent tente de recevoir l’expression de l’émotion de son enfant à l’état brut. Cette première étape demande de mobiliser la capacité d’empathie. Le parent peut alors « prêter » sa pensée pour nommer ce qu’il semble percevoir du flux d’émotions qui bouleverse son enfant. «  Tu sembles en colère. Est-ce que c’est parce que ton copain a déchiré ton dessin ? ». Souligner l’émotion évoquée par le langage corporel associé permettra une meilleure reconnaissance des émotions chez l’autre. « Je vois que tu pleures . Es-tu triste parce que tu as perdu ton ballon ? » «  Tu trembles. As-tu peur du bruit ? » Cette manière de faire permet de valider ce que l’enfant éprouve, ce qui contribue au développement de l’estime de soi et la confiance en soi. Cette première approche est valable quel que soit l’âge. En parallèle pour les plus grands qui commencent à parler, une oreille bienveillante permet de renforcer le sentiment de reconnaissance. Il s’agit là d’écouter sans dénaturer le vécu raconté.

Le temps du jeu accompagné I Le temps du jeu accompagné par une personne plus expérimentée est une ressource indéniable pour apprendre et se développer. Au travers du jeu les plus petits apprennent à  identifier et distinguer les émotions de base comme la peur, la tristesse, la joie, la colère, le dégout et la surprise. Les émotions plus complexes trouveront leur place dans un second temps. Le jeu, par la distance qu’il crée du monde réel, est un support extrêmement riche qui permet d’approcher, d’expérimenter, d’intégrer, de vivre et d’exprimer une large palette d’émotions et ce, à des degrés d’intensité plus acceptables. C’est par ce biais que le jeune enfant apprend et acquiert sa propre capacité de gestion émotionnelle et d’empathie. Il existe de nombreux jeux, livres et dessins animés dont la création a été pensée pour soutenir les parents et les enfants dans cette phase d’apprentissage. Il ne faut toutefois pas oublier que le jeu spontané et créatif guidé par l’enfant et accompagné par le parent reste malgré tout un vrai laboratoire d’expériences et d’intégrations des émotions. Avec le temps, l’enfant devient apte à transposer ses habilités de gestion émotionnelle dans des situations de son quotidien. 

Le temps de l’expression I Le temps de l’expression, soutenue par les deux temps développés ci-dessus permettra à l’enfant d’appréhender ses émotions de telle sorte qu’il pourra en moduler l’intensité et adapter ses réactions aux différentes situations de la vie. L’expression n’est cependant pas toujours aisée et ce, surtout dans les moments de débordement émotionnel. Un petit coin doux peut permettre un apaisement lors d’épisodes plus difficiles.  Cet espace est pensé et aménagé avec l’enfant au préalable. Il se veut rassurant, apaisant, doux, contenant, non isolé et équipé de certains outils déjà utilisés dans le temps du jeu ( dessiner, respirer, des coussins pour se défouler,…). Le retour au calme laisse alors la place à l’expression. L’enfant et le parent peuvent alors s’aider d’images, de livres, de dessins, de mimes, de souvenirs,… pour mettre les émotions en mots. De cette manière l’enfant parviendra petit à petit à mieux exprimer ses émotions et de ce fait être moins sous leur emprise.

Démystification des trois temps

Les tempêtes émotionnelles sont déconcertantes, déstabilisantes et épuisantes tant pour les parents que pour les enfants. L’envie de trouver une règle de trois qui aurait le pouvoir de tout changer d’un coup de baguette magique est légitime et compréhensible. Cependant les conseils trouvés dans les livres, chez les professionnels de la petite enfance et dans ce texte ont le pouvoir de changer et d’aider par leur coté inspirant.

Le temps de l’ajustement I Prendre le temps de s’écouter en tant que parents, d’écouter son enfant et de tenir compte de sa réalité et de celle de sa famille est un préalable à l’application de tous conseils. Ce temps de l’ajustement peut être long et marqué de détours et d’embuches mais aura le mérite d’être juste.

La gestion des tempêtes émotionnelles, tout un apprentissage pour l’enfant et ses parents !

Dr Daphné Zoenen
Dr Daphné Zoenen

Pédopsychiatre et psychothérapeute d’orientation systémique et familiale

Le sommeil de l’enfant ou comment mettre sa conscience en veille ?

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Le sommeil fait partie intégrante de la vie de chaque être humain. Néanmoins, il est propre à chacun et parfois la cause de nombreuses demandes de consultations. Alors comment accompagner son enfant vers un sommeil doux et réparateur ? Petit tour d’horizon de ce besoin primordial.


Besoin physiologique

Le sommeil est une fonction centrale. Un sommeil de qualité aide au développement de l’enfant et favorise ses apprentissages. A l’inverse, ne pas dormir suffisamment ou d’un sommeil de mauvaise qualité peut avoir un impact sur la santé de l’enfant, ses capacités cognitives, son comportement, la gestion de ses émotions, etc.

Le sommeil s’inscrit dans un rythme circadien de 24 heures. Le rythme circadien de veille- sommeil est en quelque sorte l’horloge interne du corps qui contrôle le rythme de l’éveil et du sommeil sur une période de 24 heures. L’organisation circadienne ne serait pas stable avant deux ans.

Un nouveau-né dormirait environ 16 à 17 heures par jour par tranche de 3 ou 4 heures, entrecoupées d’éveils. A partir de trois mois, le bébé dort 15 heures par jour, avec de plus longues périodes de sommeil nocturne. Par la suite, la quantité totale de sommeil diminue très progressivement pour arriver, à l’adolescence, à 8 heures de sommeil quotidien. Néanmoins, le besoin et la quantité de sommeil présentent de grandes variations interindividuelles mais également des modifications au cours de la vie de chacun en fonction du caractère relationnel et affectif.

Les troubles du sommeil

Il est important de signaler qu’il existe un nombre important de troubles du sommeil, souvent banals et bénins. Le caractère bruyant ou extraordinaire des troubles ne témoignerait pas de leur gravité. C’est surtout leur intensité, leur fréquence et leur association à d’autres symptômes qui semblent inquiétantes. Ces perturbations du sommeil ne doivent pas être négligées car elles témoigneraient d’un malaise chez l’enfant, induisant un climat de tension familiale.

Soulignons trois grandes catégories de facteurs pouvant influencer l’endormissement et le sommeil :
Premièrement, les problèmes somatiques. Les troubles du sommeil seraient souvent secondaires à des affections organiques, à un trouble psychopathologique ou encore à la poussée dentaire. Il est donc nécessaire de les écarter avant de poser un diagnostic. Deuxièmement, le climat affectif présent entre l’enfant et ses parents et entourant la mise au lit ainsi que toutes les relations que l’enfant entretient avec son entourage.
Troisièmement, les conditions de vie et la culture. Au niveau des conditions de vie, il est terriblement important que l’enfant passe suffisamment de temps avec sa famille avant d’aller au lit. Par exemple, les séparations, les horaires, une vie trop ou peu mouvementée ont leur importance.

Pouvoir se détacher du monde éveillé

Le coucher, étape quotidienne de la vie d’un enfant, peut sembler banal. Et pourtant… Il apparaît être le moment de séparation par excellence autant pour l’enfant que pour ses parents.

Winnicott parle de “ l’expérience d’être seul, en tant que nourrisson et petit enfant, en présence de la mère.”. Il s’agit donc d’être seul avec quelqu’un. D’après cet auteur, la première expérience de solitude de l’enfant se ferait en compagnie de sa mère. La capacité à être seul apparait lorsque l’enfant a intériorisé l’image de l’objet absent. Cela se mettrait en place suite à des expériences de séparation et de retrouvailles. La séparation liée au coucher, ainsi que l’interruption de toutes les activités, contribuent à l’angoisse de l’enfant.

Afin de diminuer son angoisse, l’enfant doit être certain de retrouver son parent au réveil. Ainsi, il apprendrait doucement à le quitter et à s’abandonner au sommeil. L’enfant ne pourrait s’endormir que s’il se sent en sécurité. C’est le parent, en sentant ce dont son bébé a besoin, au bon moment, en l’apaisant, qui le permet. Petit à petit, le parent ne répond plus si vite aux demandes de l’enfant. Il expérimente alors le manque, et par cela, développe des objets psychiques pour y pallier. Il réussirait ainsi à s’apaiser seul et à se passer de son parent. Le rôle parental est majeur dans la gestion de l’angoisse liée au sommeil, permettant de mettre en place des capacités auto- apaisantes. Celles-ci sont définies comme la capacité de l’enfant à trouver la tranquillité nécessaire à son endormissement mais aussi la capacité à se rendormir seul lors de réveilsnocturnes. Dormir seul est un apprentissage pour l’enfant, dès son plus jeune âge.

Notons que l’endormissement et la séparation qui y est associée peuvent être un moment redouté par l’enfant mais aussi par les parents. Les difficultés de séparation pourraient également être présentes du côté des parents.

Les rituels d’endormissement

Pour aider l’enfant vers la transition veille/ sommeil, les routines et les rituels sont des temps de rapprochement émotionnel et d’affection qui aident les enfants dans la transition vers le sommeil et qui structurent la soirée. La famille adapte ses routines en fonction des enfants car tous les enfants n’ont pas besoin de la même routine. Les rituels de sommeil varient au sein de chaque famille. Un rituel fonctionne lorsque l’enfant et les parents en sont enchantés, que la quantité de sommeil est suffisante et que le comportement diurne est idéal.

L’apparition des rituels d’endormissement coïncident avec le moment où le sommeil, devenant synonyme de rupture et de séparation avec les parents, mais aussi avec les activités diurnes, serait habité par des images angoissantes. L’enfant a alors besoin de désinvestir le monde extérieur, les relations avec autrui, et se rassurer au sujet de la permanence de son environnement. Grâce aux rituels, il peut croire en sa capacité de contrôler et mieux accepter la régression imposée par lesommeil. La répétition présente dans ces rituels permettrait l’anticipation. Ainsi, l’enfant peut se rassurer en pensant que la nuit se passera aussi bien que la précédente.

Il semble important de ne pas ignorer les besoins et demandes de réassurance de l’enfant. Cependant, afin d’éviter les tensions, les parents devraient établir des limites douces mais fermes aux rituels. Il est important que le sommeil ne soit pas associé à une punition mais plutôt à un moment de plaisir.

Enfin, les rituels ainsi que l’aménagement des séparations évoluent en fonction de l’âge et du développement de l’enfant. Lorsque l’enfant grandit, ses exigences se modifient. Ceci explique qu’un rituel adéquat à un moment ne le serait plus par la suite. Les routines et rituels évoluent avec les interactions au sein de la famille.

Le mot de la fin

L’importance des parents dans l’aménagement du coucher et dans la gestion de la séparation qui lui est inhérente est primordiale. Le challenge consiste à osciller entre rendre l’enfant autonome et satisfaire son besoin de relation et d’attachement.

N’oublions pas le plaisir que l’enfant, mais aussi ses parents, peuvent prendre lors de ces moments de coucher. Si les rituels d’endormissement sont un moyen de défense contre l’angoisse, l’enfant pourrait prendre plaisir à répéter certaines habitudes chaque soir. Que ce soit la lecture d’une histoire ou le chant d’une berceuse, profitez de ces moments précieux avec votre enfant.

Eloïse Jacques
Eloïse Jacques

Psychologue clinicienne et Psychothérapeute infanto-juvénile

Ces enfants « difficiles » : Qu’essayent-ils de nous dire ?

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« S’il te plait, apprivoise-moi, dit le renard.Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ? demande le Petit Prince.

Apprivoiser, c’est une chose trop oubliée, ca signifie « créer des liens », dit le renard. (…) Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. 

Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »

(Saint-Exupéry, A. Le petit prince, 1959). 

En tant que professionnels de la santé, il nous arrive souvent de recevoir des demandes concernant les comportements dits « difficiles » chez l’enfant : crises de colère, agressivité, violence, hyperactivité, opposition, etc. Ces attitudes inquiètent particulièrement l’entourage et sont souvent le départ d’une demande d’aide.

Mais qu’est-ce qu’un enfant « difficile » ? De quoi les difficultés de l’enfant « difficile » sont-elles le signe ? De quelle sorte de souffrance psychique s’agit-il ? Peut-on la réduire à une seule composante qui expliquerait la difficulté de l’enfant ?  Ne doit-on pas conjuguer dans chaque cas singulier les aspects développementaux et les aspects sociétaux pour mieux comprendre la complexité de chaque enfant dit « difficile » ?  

Une chose est sûre, face au refus de se plier aux exigences et aux règles, l’enfant n’a pas la volonté d’agir contre l’adulte ; il tente seulement, à sa manière, de lui communiquer sa souffrance. En effet un enfant dit « difficile » est avant tout un enfant en souffrance qui essaye de s’exprimer. A travers ces comportements, que tente-il de nous dire ?

Que nous dit un enfant qui montre des comportements agressifs et violents ?

Un enfant dit « agressif » et « violent » se comporte de façon violente et exprime son agressivité par tous les moyens : crises de colère, insultes, casses, etc. Cet enfant ressent un grand manque de contrôle sur lui-même et tente ainsi de le reprendre en étant violent. L’insécurité est importante et il éprouve une grande difficulté à exprimer ses émotions. L’enfant a besoin d’être rassuré et aidé pour comprendre le sens de ses agissements. Dans ce cas-ci, lui accorder un moment privilégié pour qu’il sente qu’il existe aux yeux de l’adulte peut aider à le sécuriser. Il est essentiel de pouvoir garder son calme et favoriser les gestes et le contact pour ensuite l’aider à verbaliser ce qu’il s’est passé.

Que nous dit un enfant qui montre des comportements irrespectueux ?

Nous observons dans ce cas-ci de la provocation, un besoin constant de déjouer les règles, une difficulté à respecter les codes sociaux et parfois associé à de la violence. L’enfant ne montre alors de respect qu’à un adulte privilégié et dénigre les autres. Ces actes témoignent d’un besoin de puissance, de montrer qu’il existe en attaquant et en remettant sans cesse le lien à l’adulte en doute. Il est donc important de ne surtout pas réagir à ces agressions au risque que ce soit l’escalade qui augmente la violence. Garder son calme est nécessaire bien que difficile considérant les attaques. Mettre les limites, reprendre les comportements irrespectueux en expliquant les « enjeux » et le caractère inacceptable de ceux-ci ainsi que leurs conséquences sont primordiales. Se montrer à l’écoute et mettre des mots sur ses émotions peuvent aider l’enfant à prendre conscience de ses actes.

Que nous dit un enfant qui montre des comportements d’opposition ?

Comment comprendre ces enfants qui s’expriment sans cesse par le « NON », qui refusent de participer, s’excluent et veulent constamment avoir raison ? Ils peuvent se montrer arrogant et défendre toujours leurs droits. Ils peuvent aussi se renfermer en évitant tout contact. Ils agissent ainsi par manque de considération, ils ne se sentent souvent pas entendus et ne peuvent faire face à la frustration qu’en se braquant. C’est souvent le signe d’une carence affective et d’une recherche de reconnaissance. Soutenir l’enfant à exprimer la raison de son refus et l’alternative qu’il envisage à celui-ci peuvent l’apaiser. C’est lui donner la possibilité de maitriser la situation tout en respectant des règles claires. Continuer à lui imposer l’activité ne fera que renforcer son comportement.

Que nous dit un enfant qui montre des comportements d’exclusion ?

Dans ce cas-ci, l’enfant s’isole, se renferme et montre très peu d’intérêts et d’envies. Il fuit le regard et il est difficile de rentrer en contact avec lui car il se braque et évite l’adulte. Il peut s’agir ici d’un blocage lié à un sentiment de honte ou de culpabilité. L’enfant se ferme pour éviter d’être jugé ou risquer de mal faire. La confiance et l’estime de soi sont particulièrement fragiles. Il faut donc vérifier que les attentes ne soient pas trop élevées, tenter de le rassurer et de le responsabiliser ainsi que lui laisser le choix de ses attitudes. La valorisation est ici essentielle.

Que nous dit un enfant qui montre un besoin d’attention permanent ? 

Comment comprendre ces enfants qui sont en demande constante qu’on les regarde ? Ils peuvent être envahissants, parler sans cesse, interrompre, coller l’adulte, pleurer et faire des crises.  A l’inverse du caractère précédent, l’enfant socialise très vite et a toujours besoin d’être en lien avec ses pairs et les adultes. Il cherche à ressentir qu’il a une place auprès de ceux-ci. Son sentiment d’insécurité est important. 

Dans tous les cas ;

  • En tant qu’adulte, il faut pouvoir poser des limites claires sans crier, ce qui ne ferait qu’augmenter la crise. Ce sont ces limites qui garantissent le sentiment de sécurité.
  • Garder en tête que l’enfant essaye d’exprimer son mal-être sans pouvoir mettre des mots sur ses émotions.
  • Fixer des objectifs précis et ne cibler que quelques comportements dérangeants pour le sensibiliser au fur et à mesure.
  • Renforcer un cadre sécurisant avec des rituels, des attitudes cohérentes et constantes. 

Bien souvent, ces enfants nous confrontent à notre sentiment d’incompétence en tant qu’adulte et à nos propres limites. Il est parfois difficile de garder son calme et de résister aux épreuves auxquelles ils nous soumettent. 

Sophie de Le Hoye
Sophie de Le Hoye

Psychologue clinicienne et Psychothérapeute d’orientation systémique et familiale.

« Parler vrai » à son enfant : Nécessité ou utopie ?

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L’enfant est un être de langage

Au cours du dernier siècle, grâce aux évolutions de la médecine et des connaissances du développement de l’enfant, la place de l’enfant et son évolution ont été marquée par certains changements dans les rapports parents-enfants. La communication en fait partie.

Le tout petit est considéré déjà in-utéro comme un être à part entière. Les futurs parents peuvent montrer un intérêt, dès la grossesse, à communiquer avec le fœtus. Il est alors possible, dès que les premiers mouvements du bébé sont perçus in-utéro par les deux parents, de créer une communication par le toucher grâce à l’haptonomie. L’haptonomie est une manière d’entrer en lien avec le bébé à venir grâce à un toucher affectif du ventre de la mère par des frôlements intuitifs et des mots.

Pour certains, parler à un enfant est une nécessité et une évidence et trouver le moyen d’y parvenir se fait naturellement. Pour d’autres, il est plus difficile de trouver les mots. Plusieurs questions peuvent apparaitre telles que : L’enfant comprend-t-il ce qui lui est dit ? N’est-ce pas une façon de l’encombrer, de l’inquiéter ?  Faut-il vraiment tout lui dire ? 

Comme le disait Françoise Dolto, aujourd’hui l’enfant est considéré comme « un être de langage » dès son plus jeune âge. En effet, nos représentations actuelles poussent à le considérer comme un être à part entière avec lequel il est possible de communiquer, échanger, partager et vivre des moments d’expériences conjointes. 

Dès son plus jeune âge, le bébé trouve son nourrissage affectif et le terreau propice à son bon développement grâce aux soins primaires, au portage et à l’étayage de son vécu corporel. La communication s’enracine alors dans le corps, les éprouvés sensoriels. L’accordage aux soins du corps se fait majoritairement par le parent avec un accompagnement verbal : de mots, de prosodie, de chant, d’accentuation de voyelle. Il se fait également par le soutien du regard et du toucher. C’est toute cette enveloppe corporelle et communicationnelle verbale (ou pré-verbale) et sensorielle qui permet au bébé de se sentir en lien et d’accéder petit à petit à une représentation (nommé également construction psychique) de ses vécus et de son sentiment d’être. A son tour, le bébé engage dès le plus jeune âge une communication adressée à ses parents : regard, sourire, gazouillis, gesticulation.  Se crée alors les prémices de la communication interconnectée où le parent et son enfant échangent des contenus émotionnels et informationnels sur ce qui les entourent. Cette première communication permet des temps de partage parent-enfant d’une part ainsi qu’une mise en mot sur ce que l’enfant vit et ce indépendamment de ce qu’il peut comprendre consciemment ou avec raison. 

L’intention

A tout âge, mais surtout dans les prémisses de la communication parentale, l’important se situe dans l’accordage intuitif entre le parent et l’enfant. Ce n’est pas tant le mot utilisé qui est important mais plutôt l’intention qui accompagne le message. En effet, pour permettre à l’enfant d’avoir un message cohérent, il faut que l’intention portée au message transmis tant dans la communication verbale que non-verbale soit cohérent. Un message clair en lien avec son état émotionnel à lui et à celui de l’adulte.

La communication au quotidien contribue à favoriser la relation parent-enfant en établissant des échanges fluides sur lesquels il sera alors possible de s’appuyer tout naturellement lors de moments de vie plus critique ou lors d’évènements importants. 

En effet, avoir l’habitude de parler à l’enfant dès son plus jeune âge, permet une habituation du partage. Trop souvent, lorsque la communication n’est pas fluide et habituelle, les adultes prennent alors uniquement le temps de parler aux enfants lors de moments plus critiques pour leur annoncer quelque chose. Cette attitude, bien que liée à de bonnes intentions peut induire chez l’enfant une impression d’être « convoqué » (quelque chose de grave va arriver) à « recevoir » (il n’est pas acteur) une information qui peut le « dépasser » (tant l’adulte que l’enfant qui n’ont pas l’habitude de faire correspondre un échange apaisé, ajusté et clair). 

Pourquoi dire ?

Au-delà de l’importance de nommer ce que l’enfant vit pour lui permettre de se structurer et de devenir un sujet à part entière, il est important de réfléchir à différents aspects tels que : 

– Est-ce que l’événement peut avoir une conséquence directe sur le quotidien de l’enfant (déménagement, deuil, reprise du travail, arrivée d’un nouvel enfant dans la fratrie, séparation, changement d’école…) ?

– Est-ce que l’événement impact l’état émotionnel des parents ?

– Est-ce que l’événement est directement lié à l’enfant (son origine, sa naissance, la différence des sexes, la raison d’une consultation dans un centre thérapeutique ou chez le médecin, sa santé…) ?

S’il s’avère que l’enfant peut être impacté de manière directe ou indirecte par cet événement, il est nécessaire alors de pouvoir mettre des mots simples pour lui donner une information claire et lui permettre alors de comprendre ce qui peut l’affecter ou ce qui se déroule dans sa vie actuellement. 

Notons par ailleurs que tous les sujets ne sont pas bons à transmettre et à évoquer. En effet, ceux par exemple étant relatifs à la vie du couple parental et/ou conjugal ne concerne pas l’enfant. Le risque d’évoquer ces choses-là à l’enfant le mettrait au centre d’une position délicate qui ne lui appartient pas, à savoir : l’intimité parentale. 

Comment dire ?

Cette question revient souvent lors de nos consultations au 213. Comme il est souvent répété durant les consultations au centre thérapeutique, il n’y a pas de mode d’emploi unique. Il revient à chaque personne de trouver sa manière de dire à travers les mots, à travers sa façon d’être en présence de l’enfant et à travers qui l’on est. Dans l’idée précédemment évoquer que tout est langage (le mot, le geste, le regard, les mimiques) une phrase simple est à retenir : la cohérence de l’intention. Pour reprendre Dolto, face à un enfant il faut « Parler vrai » c’est-à-dire parler en accord avec ses intentions, ses émotions, sa mimo-gestuelle et ses mots. C’est également « Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit ». 

Afin de permettre quelques pistes pratiques, nous retiendrons quelques éléments (non-exhaustifs) tels que : 

– Parler simplement avec des phrases courtes, affirmatives;

– Parler pour permettre à l’enfant d’anticiper ce qui va lui arriver;

– S’adresser à l’enfant en se mettant proche de lui physiquement, surtout s’il est jeune et afin d’avoir son attention par la transmission de l’intention corporelle;

– Joindre le geste à la parole;

– S’écouter et parler en écho avec ses propres émotions pour permettre à l’enfant de créer des repères cohérents;

– S’il est difficile de parler, il est toujours possible de trouver des ouvrages jeunesses qui regroupent des thématiques spécifiques ou d’en parler avec un professionnel de l’Enfance;

– Si c’est un thème qui peut être douloureux pour l’enfant, reconnaître son vécu et lui dire qu’il n’est pas le seul. à vivre ça en lui montrant des exemples concrets qu’il a pu éventuellement vivre (« Papa et maman se séparent parce qu’ils ne s’aiment plus. Ils continueront à t’aimer et ce n’est pas de ta faute ce qui leur arrive. Tu sais, c’est comme pour les parents de la petite voisine, Louise« ).

Mot de fin

Bien plus qu’une nécessité de coller à des principes précis, il est surtout important de se souvenir de l’intention et de la cohérence. En espérant qu’à la lecture des quelques éléments ci-dessus, chacun puisse se faire confiance pour parler vrai. Au fond, il n’est pas toujours difficile de parler aux enfants pourvu qu’on s’y engage clairement. Parce que l’enfant, même tout jeune, sait respecter nos hésitations ou nos cafouillages et nous aide à aller plus loin. A construire une relation de confiance ayant pour objectif de l’éclairer, sur base d’une communication simple, sur le monde qui l’entoure avec la même bienveillance qu’il nous accorde. 

Nastassia Novis
Nastassia Novis

Psychologue clinicienne et Thérapeute du développement