La stimulation des précurseurs de la communication

photo of a boy reading book

Saviez-vous qu’avant que l’enfant puisse communiquer par des mots, il est nécessaire qu’il acquière plusieurs habiletés et comportements pour arriver à parler ? En effet, le langage s’enracine dans la communication préverbale et dépend fondamentalement de l’accès à l’intersubjectivité. 

Dès la naissance, le bébé communique à l’aide de précurseurs de la communication. Il s’agit de comportements communicatifs qui apparaissent avant le stade des premiers mots. Les précurseurs langagiers comprennent le contact visuel, l’imitation motrice et verbale, l’attention conjointe, l’attention auditive, les demandes non verbales, les tours de rôle, la communication intentionnelle et le jeu symbolique


Langage et communication

Absent à la naissance, mais entendu et reconnu par le nouveau-né, le langage se développe durant les trois/quatre premières années de vie (si des pathologies physiques ou psychiques ne viennent pas troubler son acquisition). Les principes fondamentaux qui structurent le langage sont universels à toutes les langues et inscrits dans le code génétique comme un programme offrant à chacun l’aptitude à devenir un sujet parlant. L’enfant qui ne présente aucune déficience des organes cérébraux, sensoriels et phonatoires, dispose de la faculté d’apprendre à parler ; mais ceci n’est pas suffisant pour qu’apparaisse et se développe correctement le langage. L’affectivité et la richesse du bain linguistique dans lequel il va baigner, sont autant d’éléments déterminant à l’acquisition des mots. Enfin, il ne suffit pas, à l’enfant, d’acquérir seulement un code linguistique qui serait un « parler mécanique » sans émetteur ni destinataire, mais il doit développer un langage signifiant pour devenir sujet et parler aux autres de façon communicative. 

Comment stimuler les précurseurs à la communication ?

En jouant ! Et oui, le jeu permet à l’enfant d’apprendre et de développer un tas de fonctions essentielles à son développement dont le langage fait partie. Il y a toute une série de jeux simples auxquels vous pouvez jouer avec votre enfant et dès lors, indirectement « travailler » la parole et le langage. L’apprentissage du langage ne doit pas être fait dans un environnement structuré mais au sein d’activités ludiques quotidiennes de plaisir partagé. 

Comment stimuler le contact visuel ?

Le contact visuel est la capacité à établir un contact oculaire avec l’autre et à le maintenir. 

Idées d’activités : 

  • Jeux de cache-cache : l’adulte cache son visage avec un drap, l’enfant doit tirer sur le drap pour découvrir son visage et essayer de capter le regard de l’adulte. 
  • Jeu de câlins musicaux : l’adulte met de la musique pendant quelques minutes. À l’arrêt de la musique, il s’approche doucement de l’enfant, le salue et lui dit « bonjour, allo, bon matin, salut, etc. », accompagné d’un câlin.
  • L’adulte met un objet signifiant sur son visage afin d’inciter l’enfant à le regarder (ex : lunettes géantes, nez de clown, gommettes, …). 
  • L’adulte appelle l’enfant en se mettant dos à lui et le félicite lorsqu’il pose le regard sur lui.
  • L’adulte attire le regard de l’enfant sur des bulles.

D’un point de vue langagier, le contact visuel permet d’informer sur l’articulation des sons et sur l’expression faciale et de vérifier si le message est compris via des indices non verbaux (attention de l’interlocuteur). 

Comment stimuler l’imitation ?

L’imitation est l’acte de reproduire, de façon identique, ce qui vient d’être produit oralement ou gestuellement. Elle se développe progressivement. Avant 6 mois déjà, l’enfant imite le parent lorsqu’il voit que celui-ci l’imite. 

Idées d’activités : 

  • Pour stimuler l’imitation motrice : comptines répétitives avec des gestes simples (ex : « tape, tape, tape » (taper des mains), « pique, pique, pique » (piquer le doigt dans la paume inverse), roule, roule, roule (agiter les mains en geste de roulade), « cache, cache, cache » (mettre les mains sur les yeux)), imiter l’enfant face à un miroir et l’inciter à imiter (« gros sourire ! », l’inciter en touchant doucement les coins de sa bouche).
  • Pour stimuler l’imitation verbale : reprendre les vocalises de l’enfant, faire des onomatopées (« boum, c’est tombé »).

D’un point de vue langagier, l’imitation permet de comprendre l’usage des mots. Il s’agit d’un moyen non verbal de communiquer et elle développe les intentions de communication. 

Comment stimuler l’attention conjointe ?

L’attention conjointe est la capacité à alterner le regard entre un objet et le regard de l’adulte, de façon à communiquer son intérêt envers l’objet regardé. Elle se développe par étapes successives. Tout d’abord, le bébé suit le regard de l’adulte. Ensuite, il pointe l’objet qui l’intéresse puis il parvient à regarder en alternance l’objet/l’adulte. 

Idées d’activités : 

  • Se tourner vers l’enfant lorsqu’il appelle pour l’inciter à comprendre que, lorsqu’il fait une demande, l’adulte se tourne vers lui
  • Orienter son attention vers un objet, d’abord un objet qu’il apprécie, en le pointant ou en appelant l’enfant. Ex : faire des bulles, pointer les bulles en lui demandant de regarder. 
  • L’adulte éclaire un objet que l’enfant regarde avec une lampe de poche puis il éclaire son visage pour attirer le regard de l’enfant. 
  • Proposer des jeux et des activités de partage (ex : aliments coupés en deux, manger tous les deux, en même temps, chacun prend un morceau). 
  • Faire des jeux d’échange : ballon, voiture, …

D’un point de vue langagier, l’attention conjointe permet d’intégrer le concept de « référence commune » (nous communiquons à propos du même objet) et d’encoder correctement le vocabulaire. 

Comment stimuler l’attention auditive ?

L’attention auditive est le fait de sélectionner un bruit dans son environnement et de s’y intéresser.

Idées d’activités :

  • Éliminer les sources de bruits qui pourraient nuire à l’attention de l’enfant (télévision, radio, etc.). 
  • Appeler l’enfant dans son dos et faire attention à ce qu’il se retourne puis le féliciter. 
  • Utiliser des objets sonores (tambour, grelot …). 
  • Se procurer des casse-têtes à encastrer sonores (ex : animaux de la ferme) et des lotos sonores.

D’un point de vue langagier, il est nécessaire d’être attentif aux sons pour les imiter. Lorsque l’enfant écoute avec attention, il acquiert des sons, développe son vocabulaire et sa compréhension. 

Comment stimuler les demandes non verbales à l’aide du pointage ?

Le pointage est un geste permettant à l’enfant de désigner un objet de son doigt en regardant le visage de son interlocuteur. Il tend alors son doigt vers un objet pour signaler son intérêt pour celui-ci. 

Le pointage nécessite la présence et l’acquisition de l’attention conjointe.  En effet, pour que l’enfant comprenne que, lorsqu’il pointe, l’adulte comprend son intention, il faut que son attention conjointe soit installée. 

Idées d’activités : 

  • Pointer un objet en le touchant et prendre la main de l’enfant à sa place. Lorsqu’il regarde, pointer en direction de l’objet. S’éloigner progressivement.  
  • Utiliser les outils numériques.
  • Inciter à désigner : « montre-moi … »
  • Désigner les objets : « regarde… » et pointer.
  • Utiliser des bulles de savon : quand il touche une bulle, elle éclate.
  • Utiliser des imagiers (s’il ne comprend pas les dessins, utiliser des vraies photos). 

Comment stimuler le tour de rôle ?

Le tour de rôle désigne l’alternance d’une activité entre plusieurs participants (jeu, action, parole).

Idées d’activités : 

  • Utiliser un instrument de musique. Prendre, par exemple, un xylophone et une baguette pour deux. 
  • Utiliser un seul pinceau pour deux lors d’une activité de peinture.  
  • Jeux d’échange : un ballon, une voiture. L’adulte est assis sur le sol, face à l’enfant, il pousse une voiture ou un ballon vers l’enfant et dit « Go » ou « Partez ». Lorsque l’objet arrive près de l’enfant, l’inciter à le pousser à son tour en lui disant « Go », « Partez ». 
  • Ne pas dire le prénom de l’enfant, mais dire « à toi, à moi ». 
  • Souligner les mots « à ton tour, à mon tour, à toi, à moi, … » dans les activités de la vie quotidienne (« Je mélange la sauce, puis c’est à ton tour », appuyer d’un geste). 

D’un point de vue langagier, la compréhension du tour de rôle permettra à l’enfant de comprendre les tours de parole dans une conversation. Cela rendra l’enfant disponible pour les modèles verbaux que l’adulte lui donnera. 

Comment stimuler la communication intentionnelle ?

La communication intentionnelle apparaît lorsque l’enfant a une intention précise qu’il désire transmettre, lorsque l’enfant souhaite faire des demandes à l’autre.

Idées d’activités : 

Exemple de gestes sur naitreetgrandir.com/fr
  • Inciter le besoin de communiquer. 
  • Ne proposer qu’un morceau de la collation afin qu’il sollicite l’adulte pour obtenir l’autre moitié (à l’aide de pointage, de pleurs, …). Il est nécessaire de répondre rapidement à cette sollicitation. 
  • Oublier de donner un objet requis pour l’activité (ex : pas de peinture, uniquement un pinceau). 
  • Donner un objet mécanique difficile à activer afin qu’il doive demander de l’aide. 
  • Interrompre l’activité en cours afin qu’il fasse une demande pour qu’elle se poursuive. 
  • Proposer peu de jouets à la fois. 
  • Mettre un jouet qu’il aime à sa vue, mais hors de sa portée, attendre qu’il pointe ou qu’il s’anime avant de le lui donner. 
  • Ajouter des gestes à la parole afin qu’il vive des succès en communication et qu’il développe sa parole. Rem. : les gestes ne ralentissent pas le développement du langage, mais le soutiennent. 

D’un point de vue langagier, si l’enfant à des difficultés communicationnelles, il aura tendance à éviter de parler ou de communiquer. Il doit donc être incité à transmettre ses désirs afin de vivre des succès par rapport à la communication. Pour développer ses habiletés langagières, l’enfant doit communiquer de manière intentionnelle. 

Comment stimuler la permanence de l’objet ?

La permanence de l’objet est la capacité à trouver un objet caché. L’enfant comprend qu’un objet ou une personne qui n’est plus visible continuent à exister. Elle apparaît entre 4 et 8 mois et se poursuit jusqu’à 18 et 24 mois où il devient capable de conserver une représentation mentale de l’objet. 

Idées d’activités : 

  • Jouer à « coucou-caché » : cacher son visage avec les mains devant le bébé en disant coucou et ouvrir pour révéler le visage en disant « beuh ». 
  • Cacher le visage de l’enfant sous une couverture.  
  • Cacher un objet sous la couverture. 
  • Cacher des objets sonores. 
  • Choisir une boîte transparente, l’enfant voit l’objet intérieur, puis utiliser une boîte un peu plus opaque, puis une boîte opaque. Rem. : il est important d’utiliser des objets que l’enfant apprécie.
  • Fabriquer une boîte de permanence de l’objet (http://howiplaywithmymome.fr/boite-permanence-objet-jeu-bebe-a-fabriquer/).

D’un point de vue langagier, l’enfant a besoin de comprendre qu’il peut demander un objet même lorsqu’il n’est pas présent dans son environnement.

Comment stimuler le jeu symbolique ?

Le jeu symbolique désigne l’activité de « faire semblant ». Il s’agit de la capacité à détourner l’utilisation d’un objet.  Le jeu de faire-semblant apparaît vers 18 mois. 

Idées d’activités : 

  • Proposer une palette d’objets réalistes qui font partie de scénarii quotidiens (cuisinière, poupée, biberon, etc.). S’il ne comprend pas, jouer à sa place et progressivement, il créera ses jeux à lui.  
  • Utiliser des objets du quotidien et en faire des usages multiples (ex : faire une tente à l’aide d’un drap, un château avec des coussins, pêcher sur un drap étendu au sol, faire de la musique avec des couverts en bois et des casseroles, utiliser un grand carton comme maison, etc.).

Vous l’aurez compris, l’origine des troubles du langage, aussi profonds soient-ils, est toujours à rechercher avant les mots, au niveau du fonctionnement des toutes premières interactions.

Pour conclure, nous attirons votre attention sur le fait que si plusieurs précurseurs à la communication ne sont pas présents vers 18 mois, il pourrait être pertinent de contacter le 213 enfants, adolescents, famille afin d’écarter toute difficulté dans le développement de votre enfant.

Adeline Hanzir
Adeline Hanzir

Logopède

« Parler vrai » à son enfant : Nécessité ou utopie ?

woman reading book to toddler

L’enfant est un être de langage

Au cours du dernier siècle, grâce aux évolutions de la médecine et des connaissances du développement de l’enfant, la place de l’enfant et son évolution ont été marquée par certains changements dans les rapports parents-enfants. La communication en fait partie.

Le tout petit est considéré déjà in-utéro comme un être à part entière. Les futurs parents peuvent montrer un intérêt, dès la grossesse, à communiquer avec le fœtus. Il est alors possible, dès que les premiers mouvements du bébé sont perçus in-utéro par les deux parents, de créer une communication par le toucher grâce à l’haptonomie. L’haptonomie est une manière d’entrer en lien avec le bébé à venir grâce à un toucher affectif du ventre de la mère par des frôlements intuitifs et des mots.

Pour certains, parler à un enfant est une nécessité et une évidence et trouver le moyen d’y parvenir se fait naturellement. Pour d’autres, il est plus difficile de trouver les mots. Plusieurs questions peuvent apparaitre telles que : L’enfant comprend-t-il ce qui lui est dit ? N’est-ce pas une façon de l’encombrer, de l’inquiéter ?  Faut-il vraiment tout lui dire ? 

Comme le disait Françoise Dolto, aujourd’hui l’enfant est considéré comme « un être de langage » dès son plus jeune âge. En effet, nos représentations actuelles poussent à le considérer comme un être à part entière avec lequel il est possible de communiquer, échanger, partager et vivre des moments d’expériences conjointes. 

Dès son plus jeune âge, le bébé trouve son nourrissage affectif et le terreau propice à son bon développement grâce aux soins primaires, au portage et à l’étayage de son vécu corporel. La communication s’enracine alors dans le corps, les éprouvés sensoriels. L’accordage aux soins du corps se fait majoritairement par le parent avec un accompagnement verbal : de mots, de prosodie, de chant, d’accentuation de voyelle. Il se fait également par le soutien du regard et du toucher. C’est toute cette enveloppe corporelle et communicationnelle verbale (ou pré-verbale) et sensorielle qui permet au bébé de se sentir en lien et d’accéder petit à petit à une représentation (nommé également construction psychique) de ses vécus et de son sentiment d’être. A son tour, le bébé engage dès le plus jeune âge une communication adressée à ses parents : regard, sourire, gazouillis, gesticulation.  Se crée alors les prémices de la communication interconnectée où le parent et son enfant échangent des contenus émotionnels et informationnels sur ce qui les entourent. Cette première communication permet des temps de partage parent-enfant d’une part ainsi qu’une mise en mot sur ce que l’enfant vit et ce indépendamment de ce qu’il peut comprendre consciemment ou avec raison. 

L’intention

A tout âge, mais surtout dans les prémisses de la communication parentale, l’important se situe dans l’accordage intuitif entre le parent et l’enfant. Ce n’est pas tant le mot utilisé qui est important mais plutôt l’intention qui accompagne le message. En effet, pour permettre à l’enfant d’avoir un message cohérent, il faut que l’intention portée au message transmis tant dans la communication verbale que non-verbale soit cohérent. Un message clair en lien avec son état émotionnel à lui et à celui de l’adulte.

La communication au quotidien contribue à favoriser la relation parent-enfant en établissant des échanges fluides sur lesquels il sera alors possible de s’appuyer tout naturellement lors de moments de vie plus critique ou lors d’évènements importants. 

En effet, avoir l’habitude de parler à l’enfant dès son plus jeune âge, permet une habituation du partage. Trop souvent, lorsque la communication n’est pas fluide et habituelle, les adultes prennent alors uniquement le temps de parler aux enfants lors de moments plus critiques pour leur annoncer quelque chose. Cette attitude, bien que liée à de bonnes intentions peut induire chez l’enfant une impression d’être « convoqué » (quelque chose de grave va arriver) à « recevoir » (il n’est pas acteur) une information qui peut le « dépasser » (tant l’adulte que l’enfant qui n’ont pas l’habitude de faire correspondre un échange apaisé, ajusté et clair). 

Pourquoi dire ?

Au-delà de l’importance de nommer ce que l’enfant vit pour lui permettre de se structurer et de devenir un sujet à part entière, il est important de réfléchir à différents aspects tels que : 

– Est-ce que l’événement peut avoir une conséquence directe sur le quotidien de l’enfant (déménagement, deuil, reprise du travail, arrivée d’un nouvel enfant dans la fratrie, séparation, changement d’école…) ?

– Est-ce que l’événement impact l’état émotionnel des parents ?

– Est-ce que l’événement est directement lié à l’enfant (son origine, sa naissance, la différence des sexes, la raison d’une consultation dans un centre thérapeutique ou chez le médecin, sa santé…) ?

S’il s’avère que l’enfant peut être impacté de manière directe ou indirecte par cet événement, il est nécessaire alors de pouvoir mettre des mots simples pour lui donner une information claire et lui permettre alors de comprendre ce qui peut l’affecter ou ce qui se déroule dans sa vie actuellement. 

Notons par ailleurs que tous les sujets ne sont pas bons à transmettre et à évoquer. En effet, ceux par exemple étant relatifs à la vie du couple parental et/ou conjugal ne concerne pas l’enfant. Le risque d’évoquer ces choses-là à l’enfant le mettrait au centre d’une position délicate qui ne lui appartient pas, à savoir : l’intimité parentale. 

Comment dire ?

Cette question revient souvent lors de nos consultations au 213. Comme il est souvent répété durant les consultations au centre thérapeutique, il n’y a pas de mode d’emploi unique. Il revient à chaque personne de trouver sa manière de dire à travers les mots, à travers sa façon d’être en présence de l’enfant et à travers qui l’on est. Dans l’idée précédemment évoquer que tout est langage (le mot, le geste, le regard, les mimiques) une phrase simple est à retenir : la cohérence de l’intention. Pour reprendre Dolto, face à un enfant il faut « Parler vrai » c’est-à-dire parler en accord avec ses intentions, ses émotions, sa mimo-gestuelle et ses mots. C’est également « Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit ». 

Afin de permettre quelques pistes pratiques, nous retiendrons quelques éléments (non-exhaustifs) tels que : 

– Parler simplement avec des phrases courtes, affirmatives;

– Parler pour permettre à l’enfant d’anticiper ce qui va lui arriver;

– S’adresser à l’enfant en se mettant proche de lui physiquement, surtout s’il est jeune et afin d’avoir son attention par la transmission de l’intention corporelle;

– Joindre le geste à la parole;

– S’écouter et parler en écho avec ses propres émotions pour permettre à l’enfant de créer des repères cohérents;

– S’il est difficile de parler, il est toujours possible de trouver des ouvrages jeunesses qui regroupent des thématiques spécifiques ou d’en parler avec un professionnel de l’Enfance;

– Si c’est un thème qui peut être douloureux pour l’enfant, reconnaître son vécu et lui dire qu’il n’est pas le seul. à vivre ça en lui montrant des exemples concrets qu’il a pu éventuellement vivre (« Papa et maman se séparent parce qu’ils ne s’aiment plus. Ils continueront à t’aimer et ce n’est pas de ta faute ce qui leur arrive. Tu sais, c’est comme pour les parents de la petite voisine, Louise« ).

Mot de fin

Bien plus qu’une nécessité de coller à des principes précis, il est surtout important de se souvenir de l’intention et de la cohérence. En espérant qu’à la lecture des quelques éléments ci-dessus, chacun puisse se faire confiance pour parler vrai. Au fond, il n’est pas toujours difficile de parler aux enfants pourvu qu’on s’y engage clairement. Parce que l’enfant, même tout jeune, sait respecter nos hésitations ou nos cafouillages et nous aide à aller plus loin. A construire une relation de confiance ayant pour objectif de l’éclairer, sur base d’une communication simple, sur le monde qui l’entoure avec la même bienveillance qu’il nous accorde. 

Nastassia Novis
Nastassia Novis

Psychologue clinicienne et Thérapeute du développement